STRAVE – 1

(Soleil Zeuhl 27 // CD)
https://soleilzeuhl.bandcamp.com/album/strave
Réédition du double vinyl de 1980 qui débuta la carrière musicale de Serge Bringolf. Enregistré chez Jacky Barbier (« À l’ouest de la Grosne »), ce premier opus comporte 4 longs morceaux (à l’époque 1 par face !) qui développent un jazz fortement marqué par la Zeuhl. Une énergie féroce ! Ce big band cuivré (pas moins de 10 instrumentistes) est emmené par une basse vibrante. Aux croisées du jazz, de la Zeuhl et du rock.
STRAVE – Vision

(Soleil Zeuhl 35 // CD)
https://soleilzeuhl.bandcamp.com/album/vision
La réédition attendue du second album de STRAVE, après celle de son premier opus par Soleil Zeuhl l’an passé.
« En 1981, quand Serge BRINGOLF s’efforce de remettre sur pied une nouvelle formation de STRAVE, il fait appel à Alain ECKERT (membre d’Art Zoyd et qui enregistrera un temps avec National Health) ainsi qu’au bassiste de son quartet, Alain LECOINTE. Un second bassiste, Claude BOUSSARD, est également réquisitionné. La section de cuivres est aussi importante puisque l’on retrouve Denis PETITHORY à la trompette et Bertrand ECK au cor, tous deux déjà présents dans la formation précédente, tandis que le saxophone est tenu par Philippe GEISS. Emmanuel SEJOURNE est de même enrôlé au vibraphone, et Mano KUHN revient lui aussi pour assurer les vocaux. À un instrument près (il manque le violon), cette formation en « nonet » de STRAVE retrouve les mêmes couleurs que la précédente.
Enregistré en quatre jours de juillet 1981 à l’Omega Studio, Vision – avec sa pochette émergée du noir le plus profond – contient cinq nouvelles compositions de BRINGOLF qui, on ne s’en étonnera guère, s’inscrivent dans le prolongement de celles du premier double album. Elles s’en distinguent toutefois par leur format plus ramassé, car si les premier et dernier morceaux tutoient encore les durées des compositions de Strave, les trois autres font preuve d’une concision inédite. Mais, même compacté, le cri se fait toujours aussi percutant.
Ainsi le morceau Vision, qui ouvre l’album, sert-il de lien avec l’opus précédent, synthétisant tout l’art de STRAVE avec la même énergie et la même exubérance de couleurs, renvoyant par moments aux tableaux sonores du premier double LP de MAGMA, ou encore – voix scat oblige – au premier disque de ZAO.
En revanche, Plus I, entièrement joué par les cuivres sur des modes dissonants, rappelle les climats de la première époque d’ART ZOYD.
Il sert d’introduction à Plus II, une pièce qui se caractérise par son climat empreint d’une martialité rythmique plus typiquement zeuhl, avec des basses très à l’honneur et un BRINGOLF à la batterie toujours plus enclin aux envols frénétiques.
Plus III est un condensé très convaincant du son « stravien », incisif et bouillonnant ; une sorte d’improbable single !
Enfin, sur Ma-Ho Peneta, STRAVE renoue avec ses structures denses, autorisant dans sa seconde partie le saxophone à divaguer dans une dimension plus free qu’à l’accoutumée. Faut-il y voir une piste pour une future évolution de style ? C’est en tout cas sur cette ouverture que se clôt Vision, qui, à bien des égards, atteint autant sa cible que de nouveaux sommets. »
Stéphane Fougère, Traverses Magazine
