AMYGDALA

Premier enregistrement de ce groupe Japonais dont les influences sont à chercher au sein des musiques nouvelles européennes (Magma, mais surtout Univers Zéro) et qui, comme leurs célèbres compatriotes de RUINS, transcende cette base sonore en lui insufflant un (très) puissant souffle rock. Une musique sombre, parfois proche des ambiances gothiques et presque entièrement instrumentale, qui se joue des frontières entre le rock et les musiques nouvelles.

A. L. : Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours et la genèse d’Amygdala ?
Y. N. : J’ai 44 ans. Je n’ai jamais reçu de formation académique : c’est en autodidacte que j’ai appris à jouer des claviers, de la guitare, de la basse et de la batterie. J’ai fait partie de plusieurs groupes amateurs au fil des années. J’ai mis un certain temps à trouver ma voie, musicalement. En plus de cela, trouver d’autres musiciens prend beaucoup de temps, sans parler de la coordination des emplois du temps de chacun. Je voulais vouer toute mon énergie à la musique, et elle seule. C’est pourquoi j’ai décidé d’œuvrer seul, avec l’aide de l’informatique. Pour l’instant, Amygdala est un projet solo, mais Yoshihiro y occupe une place de plus en plus importante. Par conséquent, il pourrait bien se transformer en duo, voire en groupe si c’est possible.

A. L. : Quelles sont tes principales influences musicales ?
Y. N. : Les principales sont Magma et Univers Zéro, mais j’ajouterai également l’école de Canterbury, même si cet élément n’est pas forcément évident dans ma musique pour le moment. Je n’ai aucun problème à reconnaître mes influences, car je pense que les possibilités d’inventer, de nos jours, une musique totalement nouvelle, sont très limitées. Travailler à partir de ce qui existe ne me paraît pas du tout contradictoire avec l’idée de modernité. J’espère aller plus loin encore avec le prochain album.

A.L. : Combien de temps t’a-t-il fallu pour composer, arranger et réaliser cet album ? Et comment t’es-tu retrouvé sur un label français ? Vois-tu là quelque-chose de symbolique ?
Y. N. : En tout, je dirais environ cinq ou six ans. C’est le temps qu’il m’a fallu pour peaufiner mon style, puis pour enregistrer et mixer. C’est Alain [Lebon] qui a particulièrement insisté pour que la musique soit très dense. Au départ, je lui avais envoyé un CD-démo, ainsi qu’à d’autres labels, et il m’a répondu immédiatement. Je n’ai donc pas « choisi » la France, même si je me réjouis de voir ma musique appréciée dans votre pays qui, il est vrai, est la patrie de cette musique. »